Quand le Web brouille les codes: les dangers des formations en ligne qui dénaturent la massothérapie
Depuis quelques années, une multitude de formations en ligne, souvent séduisantes, promettent aux massothérapeutes d’élargir leur champ d’action, de “guérir” des pathologies, ou encore d’atteindre un statut de “thérapeute holistique” ou pire encore, enseigne des techniques encadrées par des ordres professionnels.
Si certaines visent l’approfondissement légitime des connaissances, d’autres, malheureusement, incitent les praticiens à sortir insidieusement du cadre professionnel qui encadre leur pratique. Ce phénomène soulève des enjeux éthiques, juridiques et déontologiques majeurs pour notre métier.

Un glissement de rôle aux conséquences importantes
La première dérive, et non la moindre, concerne le glissement de rôle. Un massothérapeute, par définition, travaille dans le respect des limites de son champ de compétence.
Lorsqu’une formation web enseigne des protocoles pseudo-médicaux ou énergétiques présentés comme des “traitements”, on confond soins de confort avec actes thérapeutiques au sens médical du terme.
Cette confusion peut induire en erreur la clientèle… et exposer le praticien à des sanctions s’il est perçu comme pratiquant illégalement la médecine, la psychothérapie ou la chiropratique.
Une perte de rigueur scientifique préoccupante
Le second danger est celui de la perte de rigueur scientifique. Plusieurs formations vendues en ligne s’appuient sur des théories non validées, parfois ésotériques, sans fondement dans l’anatomie, la physiologie ou les neurosciences.
Elles séduisent par leur vocabulaire inspirant, leur promesse de transformation, mais déconnectent le praticien de l’approche clinique et raisonnée qui fait la force d’une massothérapie professionnelle moderne.

Une dérive identitaire qui fragilise la profession
Troisièmement, la dérive identitaire menace la reconnaissance de notre profession. En intégrant des pratiques qui n’ont rien à voir avec la massothérapie, certains praticiens finissent par brouiller l’image du métier.
Cela affaiblit la crédibilité collective des massothérapeutes auprès du public, des assureurs et des professionnels de la santé. Et cela ralentit toute tentative sérieuse d'intégration de la massothérapie dans un cadre de soins complémentaires crédibles.
L’auto-certification et l’absence de supervision
Enfin, le manque de supervision dans ces formations favorise l’auto-certification. Sans encadrement, sans retour critique, sans balises, les praticiens peuvent adopter des gestes ou des discours non sécuritaires.
L’absence de responsabilité pédagogique laisse les massothérapeutes livrés à eux-mêmes dans leur interprétation de ce qu’ils apprennent.
« L’éthique, c’est ce que l’on fait quand personne ne regarde. » — Aldo Leopold
Restons vigilants pour protéger notre profession
Massothérapeutes, restons vigilants. Avant de vous inscrire à une formation en ligne, questionnez sa source, son contenu et son encadrement.
Honorez votre métier en choisissant des parcours d’apprentissage rigoureux, ancrés dans la science et la sécurité.
Ensemble, protégeons la réputation de notre profession et le bien-être de ceux qui nous font confiance.